Une étude de faisabilité pour une ligne souterraine ultra rapide entre les villes et les aéroports de Genève et de Lyon va débuter. Si elle se réalise, cette connection permettrait de relier les tarmacs en 15 minutes.

D'étude de faisabilité en étude de faisabilité, le projet Swissmetro finira bien un jour par se concrétiser. Et au cas où le premier tronçon exploitable ne reliera pas Genève et Lausanne, il pourrait bien se réaliser entre Bâle et Zurich ou entre Genève et Lyon. C'est en tout cas ce qu'espère la société Geste installée dans les locaux reliés à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Cette petite équipe d'ingénieurs, chargée par Swissmetro SA de la direction opérationnelle et du management du projet, a décroché la semaine dernière un mandat auprès de l'Aéroport international de Genève. Son directeur, Jean-Pierre Jobin, et son homologue lyonnais ont en effet accordé un crédit pour étudier la pertinence d'une ligne qui mettrait les passagers de Cointrin à 15 minutes de l'aéroport de Lyon-Satolas (futur Saint-Exupéry). Un quart d'heure de rêve puisqu'il s'agit de voyager en lévitation magnétique, propulsé dans un vide partiel à 500 km/h par des moteurs électriques linéaires.

Un aéroport, deux plates-formes

Cette ligne, tout comme celle qui est imaginée entre les aéroports de Bâle et de Zurich, irait à Swissmetro comme un gant. A l'horizon 2010 ou 2020, Cointrin, à l'instar de l'aéroport de Kloten, est menacé de saturation, n'ayant pas beaucoup de possibilités d'extension. Un obstacle que Lyon-Satolas, en plein essor, pourrait lever. Cet aéroport possède des réserves foncières considérables qui pourraient permettre la construction de quatre pistes parallèles, totalisant une capacité de 50millions de passagers par an. «Grâce à Swissmetro, devenu Eurometro pour l'occasion, nous pourrions avoir un aéroport avec deux plates-formes, souligne Jean-Pierre Jobin. Et qu'est-ce qu'un trajet d'un quart d'heure? Pas plus que le temps nécessaire pour se rendre d'un terminal à un autre dans un grand aéroport comme celui de Zurich.» Swissmetro pourrait également contribuer à réunir et développer deux régions, la Suisse romande et Rhône-Alpes. A ce jour, l'autoroute Genève-Lyon est sous-utilisée et un voyage en train entre les deux villes requiert beaucoup de patience.

Extrait de :

LE TEMPS - SCIENCES & MULTIMÉDIA : Swissmetro à l'assaut de l'Europe
Date de parution: Mardi 6 juin 2000
Auteur: Anton Vos