MERCURE 

 

Au milieu des années 60, Marcel Dassault et la Direction générale de l'aviation civile, constatent que de nombreuses lignes mondiales correspondent à de petites distances : sur les 3 500 lignes commerciales répertoriées, huit vols sur dix couvrent des distances inférieures à 1 500 kilomètres. Or, il n’existe aucun appareil adapté à ce trafic. Entre 1973 et 1980, les études de marché font apparaître l’existence d’un marché potentiel de 1 500 appareils court courrier de 130 à 150 passagers.

Le programme Mercure est officiellement lancé en avril 1969. La fabrication, effectuée sous la maîtrise d’œuvre de Dassault, est répartie entre Fiat (Italie), la CASA (Espagne), l’ADAP (Belgique), la Fabrique fédérale d’avions FW d’Emmen (Suisse) et Canadair (Canada). L’assemblage final est effectué par la société Dassault, à Mérignac pour le prototype et, à Istres, pour les avions de série dans une usine spécialement construite à cet effet. C’est le premier grand programme européen de coopération aéronautique civile qui préfigure les futures grandes opérations de coopération comme celle d’Airbus.

Pour permettre la construction en série, la société Dassault crée, à la demande de la DATAR, quatre nouvelles usines : Martignas (Gironde), Poitiers (Vienne), Seclin (Nord) et Istres (Bouches-du-Rhône).

Le prototype du Mercure 100 réalise son premier vol à Mérignac (Gironde - France), le 28 mai 1971, avec un équipage composé de Jean Coureau, Jérôme Résal et Gérard Joyeuse. Le 2 juin, quatre jours après son premier vol, il est présenté au salon du Bourget.

Le 30 janvier 1972, Air Inter commande 10 appareils. Le premier avion de série fait son vol initial le 19 juillet 1973. La certification civile DGAC est obtenue le 12 février 1974.

Malgré l’intérêt accordé par plusieurs compagnies aériennes américaines, la vente de l’appareil se limite à la seule société française Air Inter. Le programme ne démarre pas, il est victime de la conjonction de quatre facteurs :

- le choc pétrolier qui diminue les recettes des compagnies aériennes pour l’achat de nouveaux avions ;

- les dévaluations du dollar ;

- une inflation plus importante en Europe qu’aux Etats-Unis qui favorise Boeing et Douglas ;

- la préférence des compagnies aériennes pour un avion polyvalent court-moyen courrier.

L’avion est également pénalisé par sa motorisation : les moteurs Pratt & Whitney qui l’équipent sont relativement anciens, ils sont bruyants et consomment trop. Mais faute d’existence de moteurs plus récents, il a fallu faire avec.

Finalement, seuls dix Mercure 100 sont fabriqués. La chaîne de montage est arrêtée le 19 décembre 1975. Le 11 juillet 1983, Air Inter, satisfaite de l’exploitation de ses Mercure et désireuse d’un avion supplémentaire, commande la mise au standard du prototype Mercure 02 qui avait effectué son premier vol le 7 septembre 1972. Il est livré à Air Inter le 8 mars 1985 et devient le onzième appareil de sa flotte.

Le 29 avril 1995, les deux derniers des onze Mercure en service sur le réseau d’Air Inter effectuent leur dernier vol. A l’heure de leur retraite, leur bilan est éloquent : 360 000 heures de vol, 44 millions de passagers transportés en 440 000 vols, sans accident, avec une régularité de service de 98 %.

La maquette du Mercure au salon du Bourget de juin 1969.

Le dernier vol au départ de Lyon-Satolas en septembre 1993.

 

Source Dassault Aviation