Jacques Darolles raconte :

Date: Wed, 26 Aug 1998 15:07:53

" Air France Seven four seven, on track Alfa at three three zero, approaching 35 west, this is Lufthansa 400, do you read ?"

Pas de doute, c'est à nous que s'adresse cet appel sur 131, 80 , la fréquence-téléphone que veillent tous les avions sur l'Atlantique.

" Yes, Guten Tag, I am Air France zero zero four".

" Okay, Lufthansa four hundred, we approach you one thousand feet above, soon overtaking you, a bit on the left, we appreciate to fly left to right of you to take some pictures."

Je lui réponds okay, je le vois au TCAS.

Le 747 met environ quatre minutes à parvenir à notre hauteur. Il réduit un poil, et nous voilà quasiment en formation, au milieu de l'Atlantique Nord, les mille pieds d'écart semblant dérisoires, une patrouille en 747s, on ne peut pas imaginer plus GEANT.

L'Allemand nous ayant sans doute photographiés suffisamment, il réduit un rien, et vire doucement à droite, pour nous montrer à ses passagers de gauche. Pour celà, il a dû débrayer le PA de sa centrale inertielle, et manoeuvrer en fonction "cap".

Evidemment, mon appareil photo est encore un coup dans ma valise, au fond de la soute. Quel glandu je fais !

Mon éminent collègue mécanicien a sorti le sien de sa sacoche, et mitraille à tout va. Le Lufthansa revient par la gauche, passe juste devant, avec ses quatre sillages qui se mélangent dans les tourbillons marginaux.

KOLOSSAL!

Puis il se remet sur le track avec sa centrale inertielle, et pendant une heure, nous le voyons s'éloigner imperceptiblement devant, car nous marchons à Mach 0,83 et lui à Mach 0, 84, sans doute.

On se fait confirmer qu'il va aussi à New York, lui à Kennedy, nous à Newark.

Dommage, sinon, on aurait pu se poser ensemble sur deux pistes parallèles.

J.Darolles

53°39 Nord 44° 22 Ouest