Récit d'Anne-Céline Martel

Samedi soir : lorsqu'après une journée bien remplie on a repoussé le CR100 dans le hangar, j'ai regardé le ciel et je me suis dit : c'est un temps à faire du vol de nuit !

Pas de problème, à condition de trouver l'agent AFIS pour qu'il rallume le balisage. Celui-là, je sais où l'alpaguer, au bar, accoudé devant un petit verre de blanc local (on n'est pas en Bourgogne pour rien). Allez Cédric, tu nous l'allumes le balisage ? Bon, à une condition : je suis passager ! No problem...

Reste plus qu'à trouver un terrain ouvert. Evidemment, à 19h30, tout est bâché : Moulins, Troyes, Grenoble, Bron, Besançon... Reste Satolas.

Je prépare un DR400, trois clics pour allumer le balisage, on remonte la 17 et nous voilà partis. Activons le plan de vol "F-DC, vous êtes autorisés pour une directe sur LSA". Cool ! Plus besoin de se reporter sur la balise de Mâcon ni de Villefranche. C'est tout droit !

3/4 d'heure plus tard, deux faisceaux lumineux, un grand et un petit.

"F-DC, vous préférez la 18R ou la 18L ?"

"Euh... c'est comme vous voulez"

Coup de bol ou charme d'une voix féminine sur les ondes nocturnes, je suis autorisée pour un touch en longue finale sur la 18R. Celle qui fait 4km, plus longue qu'à Roissy, eh oui. J'attends sagement les deux lumières blanches du PAPI et je pose gentiment mes 120cv sur la grande piste dans un festival de watts. Pendant ce temps, un ATR72 atterrit sur la "petite" 18L (2,7 km). Je remets les gaz. Dans l'axe. C'est bien la première fois que 1.000ft plus haut je suis encore verticale la piste... C'est cool la nuit.